Électrification massive : qu'est-ce qui bloque encore ?
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Depuis le début du conflit au Moyen Orient, le sujet de l’électrification de nos usages prend de plus en plus de place.
Dans ce contexte de fortes tensions géopolitiques, le gouvernement a annoncé un plan massif d’électrification de la France.
Est-ce une bonne idée ?
Evidemment.
Électrifier nos usages n’est pas une option, mais un impératif.
Pourquoi ?
Pour des questions de souveraineté, en réduisant notre dépendance aux énergies fossiles importées (50% de la consommation européenne selon Rothschild Asset Management), mais aussi et surtout pour préparer l’Avenir.
Avec une majuscule.
En effet, l’électrification massive de nos usages est aujourd’hui la voie la plus efficace pour réduire nos émissions de GES et atteindre l’objectif de neutralité carbone fixé par la Commission européenne à horizon 2050.
Sauf qu’en pratique, le compte n’y est pas.
Pour tenir cet objectif, il faudrait réduire nos émissions d’environ 5% par an entre 2024 et 2030, puis 7% entre 2030 et 2050 (contre 3 % en moyenne entre 2017 et 2023).
Or, les derniers chiffres montrent que la France n’a réduit ses émissions que d’environ 1,5 % en 2025 (Source : baromètre Citepa).

Comparaison des émissions de CO2 en France - Citepa/ Baromètre
Pourquoi un tel écart ?
Parce qu’aujourd’hui, notre mix énergétique reste encore largement dépendant des énergies fossiles (63 %), tandis que seulement 27 % de notre consommation d’énergie provient de l’électricité (source : SDES, 2025).
À l’inverse, l’électricité produite en France est décarbonée à plus de 95 % en 2025 selon RTE (avec un mix de nucléaire et d’énergies renouvelables).
Autrement dit : électrifier, c’est décarboner.
Simple. Basique.
Cela dit, ce plan d’électrification proposé par le gouvernement est-il viable ?
Dans un premier temps, l’idée du gouvernement est d’identifier les principaux freins à une électrification massive de nos usages.
Alors, regardons plus en détails ce que ce qui pourrait bloquer.
1. Est-ce un manque de solutions technologiques ?
Non.
Que ça soit dans les transports, l’industrie, le bâtiment ou encore le numérique, les solutions existent. Elles sont matures, déployables et portées par des acteurs prêts à passer à l’échelle.
Un tel plan d’électrification serait d’ailleurs un signal fort envoyé aux investisseurs pour continuer à innover.

Station de recharge pour VE - Le Plein Auchan Boulogne - Saint-Martin
2. Un impact insuffisant sur les émissions ?
Non plus.
En 2026, avec plus de 95 % de l’électricité produite en France décarbonée (nucléaire, renouvelables...) selon RTE, la France se classe parmi les pays les plus performants. Notre intensité carbone est très faible (19,6 gCO₂eq/kWh), l’une des plus basses au monde.
Remplacer un usage fossile par de l’électricité décarbonée, c’est réduire immédiatement son empreinte carbone.

SDES, Bilan énergétique de la France
3. Un problème d’industrialisation ?
Au contraire. C’est une opportunité.
La transition électrique est un levier majeur de réindustrialisation et de reconquête de notre souveraineté industrielle. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la PPE3 ou encore de l’Industrial Accelerator Act (IAA), avec une volonté de renforcer le “Made in Europe”.
On le voit déjà dans la mobilité :
- développement des gigafactories de batteries dans le Nord de la France
- création du collectif France Batterie
- relocalisation de la production de véhicules électriques (ex : Renault R5 à Douai)
Le plan d’électrification devrait amplifier cette dynamique, avec des aides annoncées autour de 10 Md€ par an (contre 5,5 Md€ aujourd’hui).

Production de la Renault R5 à Douaix - Christel Sasso/ Planimonteur
4. Une production insuffisante ?
Non.
Selon RTE, la France a produit plus d’électricité qu’elle n’en a consommé en 2025.
Nous sommes même entrés dans une période de surcapacité qui, paradoxalement, pourrait renchérir les coûts si la demande électrique n’augmente pas suffisamment (déséquilibre du réseau).
La France exporte ainsi une grande partie de son électricité : le solde net a atteint 92,3 TWh en 2025 (soit 17 % de la production).
Notre système électrique est robuste, pilotable et dimensionné pour accompagner une électrification massive.
Le réseau est prêt. Il n’attend que la demande.

RTE - 2025
5. Une dépendance déplacée ?
Difficile à défendre.
L’immense majorité de l’électricité consommée en France est produite sur le territoire.
En 2025, la production bas-carbone (nucléaire + renouvelables) a atteint un niveau record de 521,1 TWh, soit 95,2 % de la production totale (RTE).
Rien à voir avec la dépendance actuelle aux énergies fossiles importées.

Parc éolien - Voltalia
6. Un problème de coût pour l’utilisateur ?
De moins en moins.
L’électricité est compétitive et surtout, les gains sont immédiats pour les utilisateurs :
- mobilité électrique : coût d’usage jusqu’à 5x inférieur
- pompes à chaleur : jusqu’à 50 % sur la facture énergétique
De plus, l’électricité est moins exposée aux chocs géopolitiques que les énergies fossiles (pour les raisons citées ci-dessus). Le sujet n’est donc plus vraiment le coût à l’usage.

Douanes en 2025, SDEC jusqu'en 2025 - RTE
Le vrai enjeu, aujourd’hui, c’est l’accès à ces solutions pour les ménages et les entreprises.
Prenons le cas de la mobilité. Les aides à l’achat pour un véhicule neuf sont reconduites dans le plan d’électrification (leasing, soutien aux flottes, véhicules lourds, gros rouleurs…), avec un objectif clair : atteindre “2 voitures neuves sur 3 100 % électriques en 2030”. C’est pertinent et ambitieux.
Mais pour changer réellement d’échelle, il faut aller plus loin.
Notamment en mettant en place des mesures complémentaires pour soutenir l’achat de véhicules électriques d’occasion, afin d’en démocratiser l’usage. Toutes les grandes révolutions adviennent lorsque chacun peut y prendre part. Pour cela, il faut donner à tous les moyens d’opérer cette transition.
Même constat côté infrastructures : de nombreux acteurs développent des réseaux de recharge capables de soutenir une demande appelée à croître fortement. Mais ces infrastructures coûtent cher. Il est essentiel de les accompagner, et surtout de s’assurer de la pérennité des investissements, notamment en accélérant les actions pour lutter contre le vandalisme des bornes, qui représente un coût réel et freine la capacité d’investissement sur le territoire.
7. Un manque de maturité du marché ?
Regardons la mobilité.
Aujourd’hui, 1 véhicule sur 5 vendu en France est 100 % électrique, contre moins de 14 % il y a deux ans (source : Avere).
La dynamique est claire.
Les freins historiques tombent progressivement : autonomie, réseau de recharge, transparence des prix.
Les usages évoluent. Les mentalités aussi.

SDES, RTE
Alors, une fois tous ces obstacles levés, que reste-t-il ?
Pas grand chose.
De notre côté, chez Yusco , nous travaillons chaque jour aux côtés de nombreux acteurs pour déployer un réseau de recharge public robuste et adapté à tous les usages. Toutes nos décisions sont guidées par nos valeurs d’engagement, d’audace et de collectif. Selon nous, c’est ce qu’il faut pour mener à bien ce grand chantier d’électrification de la France, déjà amorcé, mais qui doit désormais changer d’échelle.
En parallèle, à travers des collectifs comme Charge France ou MOBILIANS , nous contribuons activement aux réflexions structurantes du secteur.
Ainsi, la volonté est là et les conditions sont réunies.
Ce qu’il manque aujourd’hui, c’est un mouvement d’ampleur.
Nous ne pouvons qu’espérer une accélération collective.
Alors, on accélère ?
Nous sommes prêts.
👉 Pour en savoir plus : yusco.io