Vandalisme des bornes de recharge : un enjeu européen concret
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7 janvier 2026. Journal de 20h sur TF1, heure de grande écoute.
Pour la première fois, un problème qui touche directement notre secteur est traité ouvertement : le vandalisme des infrastructures de recharge, et en particulier le vol de câbles.
En Europe, et tout particulièrement en France, cette pratique, largement motivée par la valeur du cuivre et son envolée ces derniers mois, s’intensifie. Elle affecte désormais concrètement l’exploitation des réseaux de recharge, la disponibilité pour les usagers et, in fine, la crédibilité de la transition électrique.
Chez Yusco, nous y sommes directement confrontés.
La station de Valenciennes a été vandalisée à trois reprises, à dix jours d’intervalle. Puis une autre, et encore une autre, cette fois-ci avant même que la station ne soit ouverte au public !
Au-delà du coût matériel immédiat, les impacts sont multiples :
- indisponibilité instantanée des bornes et dégradation de l’expérience client ;
- pertes d’exploitation et remise en question de la bancabilité et de la capacité de financement de certains projets ;
- et, plus insidieux encore, atteinte à la fiabilité perçue du réseau et de l’intérêt de l’électrification du secteur du transport.
Le vandalisme n’est plus un incident isolé : c’est un paramètre structurel de nos modèles d’exploitation et de financement. Un enjeu qui nous concerne tous.
Contrairement à certaines idées reçues, les actes de vandalisme sont rarement spontanés.
Il s’agit le plus souvent de réseaux organisés, d’actions rapides, ciblées, concentrées sur des zones identifiées : axes routiers, sites peu visibles, parkings ouverts la nuit.
En France, le phénomène s’est accentué avec la montée en puissance des réseaux DC rapides et ultra-rapides, dont les câbles sont plus massifs, plus visibles et plus attractifs. Un chiffre qui ne trompe pas : près d’un tiers des actes de vandalisme sur les infrastructures de recharge en 2025 ont eu lieu sur le dernier trimestre. Une tendance inquiétante.
Face à cette réalité, il n’existe pas de solution unique.
Chez Yusco, comme chez beaucoup de CPO, l’approche se doit d’être pragmatique, itérative et surtout coordonnée. Car pour combattre ce fléau, nous optons pour une approche multi-canaux :
À courte échéance :
- après échange avec nos fournisseurs de bornes, nous allons opter pour des manchons de câbles renforcés en kevlar sur treillis en acier, avec liquide de marquage forensique (traçage ADN) et tracking GPS ;
- nous allons de même généraliser l’usage de la vidéo-surveillance et communiquer via des stickers sur la surveillance du site et la protection des câbles.
Ces mesures ne suppriment pas le risque, mais participent à réduire l’attractivité et augmenter la complexité du vol. Attention : il ne faut pas croire que seules les bornes ultra-rapides sont vandalisées ; encore cette semaine, certains syndicats d’énergie découvraient que leurs bornes 50 kW (pourtant isolées) étaient vandalisées.
À moyen terme :
D’autres leviers existent, misant sur la dissuasion technologique mais pas que.
- Le premier ? L’alerting. Des alarmes sonores déclenchées à la coupe, intégrées au câble (boucle de courant) ou au TGBT (tableau général basse tension, cœur de l’installation électrique), doublées de l’envoi de messages OCPP (protocole standard de communication des bornes) par la borne vers la supervision Yusco ;
- Le second : la prévention. Nous allons mettre en œuvre des traitements via l’IA pour permettre le déclenchement d’alarme avant même que le câble ne soit coupé sur la base de comportements suspects détectés via la vidéo-surveillance (outils contondants, personnes cagoulées) ;
- Le dernier : la mutualisation entre acteurs notamment au travers de groupes de travail avec des partages d’alertes, d’une cartographie des zones à risque (heatmap) et des retours d’expérience communs voire de lobbying auprès des services publics vis-à-vis des filières de recel des câbles.
En tout cas, nous avons une certitude : ne rien faire n’est pas la solution.
- Pour nous, laisser une station avec des câbles sectionnés pour sensibiliser le client, est une erreur d’appréciation : le vandalisme est et devient partie prenante de notre activité. Nous devons le traiter.
- Le CPO doit doubler ses solutions de mitigation par l’optimisation de la maintenance, avec le stockage de câbles en pièces détachées, afin de minimiser le temps d’indisponibilité de ses stations.
Dans tous les cas, nous devons également nous inspirer sur ce qui se fait ailleurs en Europe :
- Dans les pays nordiques : cette zone est moins concernée par le vandalisme notamment grâce à la prévention par le design des stations, souvent intégrées à des sites très fréquentés, l’idée étant ici de mutualiser les systèmes de surveillance ;
- En Allemagne et aux Pays-Bas : une étroite collaboration a été mise en place entre CPO, collectivités et assureurs, avec des standards anti-vandalisme intégrés dès la conception (comme des câbles refroidis - avec moins de cuivre, mais plus coûteux ; ou simplement plus courts) ;
- Enfin, au Royaume-Uni, on retrouve la mise en place de partenariats renforcés avec les forces d’intervention locales.
Il n’y aura pas de solution unique.
La réponse doit passer par une combinaison de leviers entre design, technologie, exploitation et coopération.
C’est un sujet qui concerne toute la filière, et sur lequel les CPO apprennent vite, et surtout, ensemble. Alors posons le sujet sur la table : nous vous proposons de bâtir ce type de solutions avec vous, CPO, fournisseurs, entrepreneurs :
- avez-vous essayé des solutions efficaces ?
- disposez-vous de retours terrain, en France ou à l’étranger ?
- testez-vous des approches différentes (design, juridique, assurantielle, territoriale) à partager ?
- et surtout : souhaitez-vous nous rejoindre dans la réflexion ?
La discussion est ouverte.
Pour en savoir plus : yusco.io